Parmi l’ensemble des décisions prises, cinq ont particulièrement retenu l’attention pour répondre aux enjeux d’aujourd’hui et préparer l’île de demain
Sécurité et secours, accès aux soins, adaptation du territoire au changement climatique, réduction des déchets, préservation du patrimoine : le Conseil municipal du 14 septembre a abordé plusieurs sujets qui, malgré leur diversité, répondent à une même préoccupation : adapter l’action publique aux réalités et aux contraintes particulières de l’Ile d’Yeu.
Participation au futur équipement départemental des sapeurs-pompiers, soutien aux déplacements des professionnels médicaux et sociaux, anticipation du recul du trait de côte et connaissance du fonctionnement des marais, nouvelles solutions pour les textiles et les jouets, préparation de la rénovation de Notre-Dame-du-Port : retour sur cinq décisions et, surtout, sur les raisons qui les motivent.
SDIS : contribuer à un outil départemental pour mieux assurer les secours
Le Conseil municipal s’est prononcé sur la participation de l’Ile d’Yeu au financement de la future direction départementale du SDIS. Derrière cet investissement se trouve un constat : les besoins des services de secours ont profondément évolué depuis la construction du site actuel en 1987.
La direction accueille aujourd’hui 140 agents, auxquels s’ajoutent 30 personnes au centre de traitement de l’alerte. Le nombre d’appels est passé de 53 000 en 1987 à 141 391 en 2024. Le site actuel ne permet plus de s’étendre. La nouvelle direction doit également constituer un outil central de formation pour les 3 500 sapeurs-pompiers vendéens.
Sur les 100 M€ d’investissements programmés par le SDIS jusqu’en 2029, le Département en financera 70 M€. Les 30 M€ correspondant à la nouvelle direction sont répartis entre les communes et intercommunalités. Cette enveloppe est plafonnée : un éventuel dépassement resterait à la charge du Département et, inversement, les économies réalisées réduiraient les contributions locales.
Pour l’Ile d’Yeu, le Conseil a retenu un financement sur cinq ans. Calculée sur la population DGF-2024 de 8 730 habitants, la participation représente 318 645 €, soit 63 729 € par an, avec un versement progressif entre 2027 et 2031.
Ce choix relève d’une logique de solidarité départementale : participer à un équipement mutualisé qui contribue au fonctionnement et à la formation de l’ensemble des services de secours vendéens, dont ceux intervenant sur l’île.
Liaison aérienne : faciliter la venue des professionnels médicaux et sociaux
Pour un territoire insulaire, la question du transport est indissociable de celle de l’accès aux soins et aux services. Après le rétablissement, au 1er mai, du soutien tarifaire pour les résidents insulaires empruntant l’hélicoptère, la Commune a souhaité agir en direction des professionnels médicaux et médico-sociaux qui doivent se rendre sur l’île pour y exercer.
Le dispositif élaboré avec la Région et le Département repose sur un principe simple : accorder aux professionnels concernés une réduction équivalente à celle dont bénéficient les Islais et répartir son financement à parts égales entre les trois collectivités.
Pour faciliter son utilisation, une carte spécifique serait délivrée par la Commune. Sur présentation de celle-ci, le transporteur appliquerait directement la réduction avant d’être remboursé par les collectivités. L’objectif est une mise en œuvre à compter du 1er novembre.
Le Conseil se prononce à ce stade sur le principe du dispositif et sur une participation communale plafonnée à 30 000 € par an. Le périmètre précis des structures et professionnels éligibles ainsi que les modalités de l’aide devront revenir devant le Conseil à l’automne.
Cette décision vise ainsi à apporter une réponse très concrète à l’insularité : réduire le coût du déplacement lorsqu’il peut constituer un frein à la venue régulière de professionnels indispensables à la population.

Climat : mieux connaître le littoral et les marais pour préparer l’adaptation de l’île
Anticiper les effets du changement climatique suppose d’abord de mieux connaître les vulnérabilités du territoire. Deux démarches engagées par la Commune participent de cette logique : le recul du trait de côte et l’étude du fonctionnement hydraulique des marais.
En 2022, le Conseil municipal s’était opposé à l’inscription de l’Île d’Yeu sur la liste nationale des communes concernées par le recul du trait de côte, en demandant davantage de précisions sur les méthodes, les responsabilités et les moyens mobilisables. Depuis, le dispositif a évolué et huit communes vendéennes l’ont intégré. La Commune propose donc aujourd’hui de rejoindre cette démarche.
L’enjeu est important : il s’agit de cartographier les secteurs exposés à l’érosion à 0-30 ans et 30-100 ans, puis d’intégrer cette connaissance dans le futur PLU. L’inscription donne parallèlement accès à des outils spécifiques de préemption, de relocalisation et à certains financements de l’État. Le travail cartographique est déjà engagé avec le BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières) et sera complété par la démarche scientifique ODySéYeu.
Cette connaissance du littoral complète celle engagée sur les marais. Une étude fonctionnelle et hydraulique et une stratégie de réhabilitation ont été confiées à Eco Metrum pour 76 660,50 € HT.
Dans les deux cas, la démarche est la même : disposer de données solides pour anticiper plutôt que subir et construire progressivement la stratégie de résilience climatique de l’île.

Économie circulaire : organiser de nouvelles solutions pour donner une seconde vie aux objets
Réduire les déchets passe aussi par la possibilité de réemployer ou recycler ce qui peut encore l’être. Trois décisions du Conseil municipal permettent de faire avancer cette logique pour les textiles et les jouets.
Concernant les textiles, linges de maison et chaussures (TLC), la Commune souhaite conventionner avec Refashion, l’éco-organisme national chargé de cette filière. Cette convention permet d’organiser la collecte, les actions de sensibilisation et surtout le traitement de l’intégralité des tonnages collectés. Elle constitue également une condition nécessaire pour que Trivalis puisse mettre en place une solution de reprise sans frais à l’échelle vendéenne.
Face aux difficultés actuelles de la filière textile, le Conseil est également appelé à donner son accord de principe pour permettre à Trivalis d’organiser rapidement la collecte et le traitement sans frais des TLC déposés à la déchèterie communale.
La même philosophie s’applique aux jouets. Du 2 au 30 novembre, l’Ile d’Yeu participera à la Grande Collecte Solidaire des Jouets. Des points de collecte pourront être installés. La Recyclerie communale réceptionnera les dons et pourra remettre en circulation les jouets en bon état, à petit prix voire gratuitement pour certains usagers. Les objets ne pouvant être réemployés rejoindront les filières adaptées.
Ces actions poursuivent un objectif commun : faire du réemploi un réflexe local et limiter autant que possible la quantité de ressources qui deviennent des déchets.

Église Notre-Dame-du-Port : préparer aujourd’hui une rénovation qui s’inscrira dans la durée
La rénovation de l’église Notre-Dame-du-Port entre dans une nouvelle étape. À la suite du diagnostic sanitaire réalisé sur l’édifice, la Commune prépare un programme de travaux destiné à préserver durablement ce patrimoine, avec une réalisation prévue en plusieurs phases et sur plusieurs années.
Deux décisions complémentaires permettent de préparer cette opération.
La première concerne la maîtrise d’œuvre. La Commune a retenu le groupement Niguès Architecte, qui assurera la programmation et le suivi des travaux, pour un marché de 178 620 € HT : 81 380 € HT en tranche ferme et 97 240 € HT en tranche optionnelle.
La seconde concerne l’autorisation d’urbanisme nécessaire avant les travaux. Les interventions envisagées portent sur la reprise partielle ou totale, à l’identique, des couvertures en tuiles et en ardoises, la réfection de certains enduits, la reprise de l’étanchéité du clocher et de sa couverture en cuivre ainsi que le remplacement de certaines menuiseries extérieures. Ces interventions nécessitent le dépôt d’une déclaration préalable.
Il ne s’agit donc pas encore d’engager simultanément l’ensemble des travaux, mais de poser les bases techniques, architecturales et administratives d’un chantier pluriannuel.
Cette programmation doit permettre à la Commune de concilier deux impératifs : intervenir sur les désordres identifiés et organiser dans le temps la restauration d’un édifice emblématique du patrimoine de Port-Joinville.
